Si la drague de rue est revenue en force il y a quelques années grâce à quelques Youtubeurs, elle est souvent décriée. Tant par son image ringarde que par l’éclosion du mouvement MeToo, elle a mauvaise presse. Le plus simple étant d’avancer masqué sur un marché de la drague virtuelle qui ne cesse de croître. Avec Tinder en fer de lance, les applications de rencontres ne connaissent pas la crise d’autant qu’une pandémie est passée par là. Bien que ces échanges virtuels permettent aux plus timides de sortir le grand jeu, ils mettent en lumière une réalité plutôt sombre.

L’illusion du zéro risque

Les applications de rencontres ainsi que les réseaux sociaux ont un effet jeu vidéo. Tout est interchangeable et toute mauvaise expérience peut-être effacée. Sur Tinder, vous pouvez en quelques clics créer un profil. Vous pouvez également le supprimer pour ensuite le réinstaller si les résultats ne vous ont pas satisfaits. Le légendaire râteau, surtout redouté par les hommes qui y sont davantage exposés, n’existe plus.

Fini de se faire refouler comme un malpropre par notre crush ! Fini les amis qui se moquent après une interaction digne de malaise TV ! Peu importe votre âge, l’heure où tout le collège, toute l’université ou tous les collègues de bureau étaient au courant de votre échec est révolue. De plus, les possibilités sont exponentielles sur internet donc il sera facile d’effacer rapidement chaque interaction manquée.

Si dans les faits ce constat est vrai, il vous place également dans une position d’interchangeabilité. Malheureusement, nous apprécions nettement moins d’être zappés que d’avoir le contrôle de la télécommande. Dans un monde idéal, ce rapport serait de l’ordre de 50/50, mais ne soyons pas utopistes. À l’heure des débats sur les inégalités, celui du monde de la drague virtuelle est aussi cruel qu’étouffé des médias mainstream.

Une majorité de femmes au pouvoir

C’est peut-être le rêve politique des féministes ! Dans un monde majoritairement contrôlé par les hommes, une meilleure répartition des tâches et des prises de décisions seraient les bienvenues. À l’heure où les inégalités salariales font encore l’objet de vifs débats, celui de la détresse masculine des célibataires ne déchaine pas les passions.

En matière de séduction, nous ne sommes évidemment pas égaux, peu importe le sexe. Or, aussi bien dans la vie réelle que sur les applications de rencontres, les femmes sont bel et bien les maîtres du jeu. Peu importe son physique ou son statut social, une femme sera courtisée par la gent masculine. C’est un secret de polichinelle que les plus désirables ont plus du succès. Or, n’importe quelle femme lambda a beaucoup plus de possibilités que son homologue masculin.

L’avènement de Tinder n’a fait qu’exacerber ce phénomène ! Majoritaires sur les applications de rencontres, les hommes se retrouvent dans une jungle dont ils ne mesurent pas l’étendue. Non seulement la concurrence est féroce, mais ils sont trop nombreux à se placer en position d’infériorité. À force de ne pas être sélectifs, ils valident un nombre incalculable de profils en espérant maximiser leurs chances. Malheureusement pour eux, cette tactique produit l’effet inverse.

Courtisées par d’innombrables mâles en rut, les utilisatrices des applications de rencontres augmentent leurs standards face à l’afflux de demandes. Pensant maximiser leurs chances en validant un maximum de profils, les hommes ne font qu’imiter la tactique de leur voisin avec lequel ils entrent en concurrence. Malgré eux, ils créent un contexte propice aux inégalités extrêmes. Une de mes matches sur Tinder me confiait avoir reçu plus de 5000 likes en une semaine sur Tinder ! Je ne la croyais pas jusqu’à ce qu’elle m’envoie cette capture d’écran. Par après, elle m’a confié être monté à 8000 likes !

 

Lorsque le virtuel met en lumière une triste réalité

Hommes (trop) sensibles, les paragraphes qui vont suivre risquent de vous faire mal !

Tout d’abord, permettez-moi de vous rassurer sur le fait que vous n’êtes pas seuls à galérer sur les applis de rencontres. Une majorité d’hommes vit une situation identique. Aussi, vous aurez remarqué que vos résultats ne reflètent pas vraiment ce que vous avez connu par le passé dans la vie réelle. Ceci est peut-être vrai, mais si c’est le cas, que faites-vous encore sur les applications de rencontres ?

Arrêtons de nous voiler la face ! Si nous sommes inscrits sur Tinder ou d’autres applis du style, c’est parce que la vie réelle ne nous apporte pas entière satisfaction. Évidemment nous ne sommes pas tous égaux sur Tinder. Une minorité se partage l’immense part du gâteau en accumulant les matches. Or, parlons de l’homme lambda, voire celui au-dessus de la moyenne qui galère pourtant comme jamais.

La gifle de réalité ne consiste pas à démontrer que vous êtes laid, insignifiant ou en dessous de la moyenne. Elle permet plutôt de mettre en lumière ce à quoi vous pouvez prétendre au sein de la jungle des applications de rencontres. Si toutes les femmes peuvent plus ou moins se servir, vous ne vous trouvez, pour la plupart, pas dans cette situation. Tinder se moque si vous êtes sorti avec la plus belle fille du collège il y a 5 ans ! Si vous ne faites pas partie des 5% de beaux gosses sur l’application, vous devrez vous contenter des miettes.

Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas de bug Tinder. Oui, l’appli ne met pas toujours votre profil en avant pour vous pousser à souscrire aux versions payantes. Un profil ultra-travaillé vous mettra indéniablement en valeur. Or, vous savez que vous êtes nombreux à avoir tout tenté pour optimiser votre profil. Vous n’avez cependant jamais été assailli de matches, sauf à l’étranger peut-être.

La gifle de réalité vous explique implicitement que vous ne faites pas partie des 5% de profils les plus attractifs. De ce fait, vous n’allez pas attirer l’attention. Lorsque vous approchez la trentaine, votre statut social et donc votre métier auront au moins tout autant d’importance que vos photos. S’il est vrai que Tinder dépeint un tableau trop sévère qui ne reflète pas vraiment vos succès passés, vous n’y êtes pas inscrit par hasard. Vous en avez besoin comme facilitateur de rencontres ! Or, il crée l’effet inverse et atteint votre confiance en vous.

Loin de vouloir vous culpabiliser et répéter qu’il faut travailler sur vous-même, pensez à rééquilibrer le marché hommes/femmes dans le monde cruel des applis de rencontres. Une première étape consisterait à ne pas liker aveuglément tous les profils.

Ne surtout pas en vouloir à la gent féminine

Face aux véritables injustices vécues, les hommes ont parfois tendance à en vouloir aux femmes. Pourquoi ne répond-elle pas ? Pourquoi quitte-t-elle notre conversation si passionnante ? Pourquoi change-t-elle d’avis au dernier moment ? Lorsque nous avons le choix, il est normal de privilégier la meilleure option. Si vous aviez des dizaines, voire des centaines de matches à vos trousses, ne laisseriez-vous pas tomber des filles superbes dans le tas ?

Les femmes ont un large choix et reçoivent une kyrielle de propositions. Tant que vous n’avez rien vécu ensemble dans le réel, vous n’êtes qu’un avatar. Pendant que vous concentrez vos efforts sur une fille charmante, cette dernière est peut-être en conversation avec 15 autres prétendants. Si vous visualisez déjà un rendez-vous avec elle, vous n’êtes qu’au stade de l’option. Vous faites partie des qualifiés, mais il faudra encore passer quelques tours.

Aussi cruel soit le jeu, mieux vaut en accepter les règles ou du moins tenter de les changer pour rééquilibrer les rapports de force.